
Le chinois classique joue un rôle essentiel dans la transmission du bouddhisme : un très grand nombre de textes sanskrits aujourd’hui perdus ne sont connus que grâce à leurs traductions chinoises. Dès les premiers siècles de notre ère, des générations de traducteurs ont rendu accessibles en chinois des sūtras et traités indiens, souvent à partir de versions aujourd’hui disparues — un travail colossal, poursuivi sans interruption pendant près d’un millénaire. C’est aussi la langue dans laquelle s’est développée toute une tradition de commentaires, d’exégèses et d’écoles propres au bouddhisme d’Asie orientale, du Chan (zen) au Tiantai.
Ces traductions chinoises sont, dans bien des cas, antérieures de plusieurs siècles aux traductions tibétaines, qui ne se développent véritablement qu’à partir du VIIe-IXe siècle.
S’initier au chinois classique permet ainsi de travailler sur des témoins textuels d’une valeur exceptionnelle, parfois bien plus proches des formes anciennes que ceux conservés ailleurs — la trace la plus ancienne qui nous reste de pans entiers du bouddhisme indien, disparus en sanskrit, vivants en chinois.
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